Dimanche 24 septembre 2006
Ombre
Le druchii eu un sourire discret. Partir de nuit, cela pourrait lui faciliter la tache.
Il était seul, assis au fond de la calle de la galère asur, entre deux tonneaux de cidre elfique, et plusieurs cargaisons de drogue. Il attendait. Bientôt, une proie viendrait s’offrir à ses griffes. Il savait qu’à cette heure, les elfes ne tarderaient pas à manger, et par conséquent, l’un des leur viendrait chercher la nourriture. Ce devrait être le dernier acte de sa vie.
L’assassin se concentra sur sa mission, jouant distraitement avec une feuille d’Ombre Pourpre. Son attente toucha à sa fin lorsqu’un Elfe daigna descendre à la calle, une torche à la main.
. L’asur avança rapidement vers les barriques, insouciant. Une ombre passa dans son dos. Le coup lui traversa la nuque et atteignit son cerveau. Le sang éclaboussa les bouteilles d’alcool asur. L’elfe ouvrit la bouche pour hurler, mais il était déjà mort. Son corps tomba lourdement sur le sol rouge. Kalith, car c’était son nom, rengaina sa dague. Les reflets argentés qu’elle projetait auraient pu le trahir. Il ne prendrait aucun risque, il serait infaillible. Il avait déjà échoué une fois, c’était bien trop…
Il se glissa silencieusement vers l’extérieur avec une agilité déconcertante. Il regarda rapidement le ciel. Lileath baignait le paysage, et les vagues reflétaient les reflets d’argent de la lune. Eclipsée par les nuages, Yenlith était, elle, presque invisible, éclipsée par sa sœur. Mauvais présage pour un fils de Khaine tel que lui.
Kalith rejoignit les ombres, son royaume. Il avança comme le bateau tanguait, cachant le crissement infime de ses pas. Le druchii se dirigeait vers la cabine du sorcier, passant ainsi sur le pont supérieur. Deux gardes étaient postés devant la porte, mais ce n’était pas vraiment une surprise. Un couteau vint se planter dans les poumons du premier. Le second tenta de faire face, mais son adversaire lui planta sa lame dans la gorge avant qu’il n’ai pu esquisser le moindre mouvement.
Il tenta de pousser un cri, mais ne pu qu’émettre un sinistre gargouillement. Les asurs tombèrent lentement à terre, leur corps traçant deux marques rouges sur le mur qui les retenaient. Le tueur s’accroupit devant eux, et les fixa. Leurs yeux ne reflétaient que la terreur alors que leurs vies s’éteignaient. « Khaine se régalera de vos âmes » leur souffla t-il doucement.
Puis il se leva lentement, jetant des coups d’œil derrière lui. Il emporta les cadavres derrière la cabine et les jeta à l’eau. Il revint devant la porte du mage et crocheta rapidement la serrure à l’aide de sa seule dague. Elle céda sans un bruit.
L’assassin entra furtivement dans la chambre réservée au mage puis referma la porte comme il l’avait trouvait. Il s’attela rapidement au désamorçage des pièges que pouvait contenir la salle. Il avait déjà pris bien trop de risques en s’attaquant aux gardes qui étaient bien trop visibles. Comme prévu, les appartements du mage étaient vides. Les rares pièges qui s’y trouvaient furent facilement désamorcés. Le Khainite observa pour la seconde fois les lunes, à travers l’une des fenêtres tout en évitant subtilement leurs rayonnements traîtres. D’après la position des astres, il devait être minuit passé.
De nouveau, le druchii intégra les ombres. Il ferma ses yeux, se concentrant sur ses autres sens pour percevoir les mouvements extérieurs. C’est après un court moment qu’un bruit de pas aussi léger que la chute d’une feuille se fit entendre. Mais pour Kalith, le bruit était aussi perceptible que le rugissement d’un dragon. Il venait vers la porte, entraînant avec lui le faible bruissement des tissus d’une robe ballottée par les pas de son porteur. Le mage ouvrit la porte après l’avoir désamorcée. Il jeta un regard dans la pièce, puis s’enferma. Ce serait sa dernière erreur.
Le tueur bondit avec célérité. Pourtant, Shalen, l’asur, réussit à éviter l’attaque d’un simple pas de coté. Ses talent magiques semblaient avoir amélioré sa perception sans pour autant l’amener au même niveau que celle de l’assassin. Ce dernier inversa son mouvement pour se placer derrière lui. Il l’attrapa par le coup, et le menaça de sa dague. Les reflets argentés parcoururent le visage horrifié du sorcier.
« Tu es doué, mais tu ne sais pas te battre asur… fit l’assassin sans laisser paraître aucune émotion.
-Qui…qui êtes-vous ? balbutia le mage
-Tu ne te souviens donc pas de moi ?
-Vous n’êtes pas… un frisson parcouru l’échine du mage.
-Si. Croyais-tu pouvoir m’arrêter ?
-Tu devrais être mort, loin d’ici, comme t’es-tu échappé ? Je t’avais pourtant fait enfermer…
-On ne peux se séparer de sa propre ombre. »
Kalith sentit un changement dans l’attitude du mage, il semblait avoir récupéré du choc initial, et cherchait un moyen de secours. Il appuya sa dague sur le cou de sa cible, le sang perla légèrement.
« Où est l’amulette ? Je ne l’ai pas trouvée ici… » Le mage hésita un instant, la sueur coulant sur son front. Il déplaça lentement ses mains dans les poches de sa robe, puis en sortit une amulette d’airain marquée de la rune de Khaela Mensha Khaine. Un ancien artefact d’avant la déchirure. Kalith lui retira le médaillon des mains. L’opportunité qu’attendait son ennemi. Il se retourna vivement, et une déflagration souffla la zone ou se trouvait l’assassin.
Le sort détruisit les fenêtres, et enflamma les murs en bois de la cabine. Shalen en sortit. De nombreux asurs courraient vers les appartements de leur seigneur sorcier, des sceaux d’eaux à la main. Ashtan, le capitaine de gardes maritime vint vers lui.
« Vous allez bien ? Demanda t-il alors que l’inquiétude se lisait sur son visage.
-Oui, un druchii a cherché à s’en prendre à moi, mais j’ai réussit à l’éliminer, je ne risque plus rien maintenant. »
Mais à peine avait-il prononcé ces paroles qu’il tomba à genoux et son visage se tordit de douleur.
« Shalen ! »
Le garde s’accroupit aux cotés du mage agonisant.
« J’aurait dû m’en douter » souffla t-il, alors que le venin noir qui parcourait ses veines ne le sépare à jamais de la vie.
Ashtan sentit un mouvement derrière lui. Rien.
Kalith s’éloignait lentement du bateau, sa barque avançant laborieusement vers la terre. Les pouvoirs de l’amulette l’avaient sauvés. La nuit enveloppa le tueur. Une Ombre parmit les Ombres. Il sourit.
-Kel'
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